Enregistrer son entreprise

Guichet unique de création d'entreprises

Toutes les entreprises doivent être enregistrées au Guichet unique de création d'entreprises, situé au niveau de l'Agence de promotion des investissements (API). La présence physique des actionnaires est requise sauf sur présentation d'une procuration notariée. La procédure dure moins de 24 heures. A la fin de celle-ci, l'API remet à l'investisseur les statuts-types de sa société, le registre de commerce ainsi que le numéro d'identification fiscal.

Les types de sociétés qui peuvent être créées sont :

  • Société unipersonnelle ;
  • Société de personnes à responsabilités limitée (SPRL) ;
  • Société anonyme (SA) ;
  • Coopérative.

La procédure de création de société est la même pour les investisseurs locaux ou étrangers. 

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Documents utiles Arrêté portant création du Guichet unique
Institutions compétentes API Burundi

Liberté d'investissement

Selon le Code des investissements de 2008, les investisseurs ne sont pas soumis à l'obtention d'un certificat d'investissement. L'entrée et l'établissement d'investissements étrangers ne comprend ni condition ni restriction particulière.

Malgré le maintien de fait de monopoles d'Etat, tous les secteurs économiques sont théoriquement ouverts aux investissements étrangers.

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Documents utiles Code des investissements 2008

Ce qu'en pensent les investisseurs

Les opérateurs privés saluent les récentes réformes législatives simplifiant les procédures de création d'entreprise, ainsi que l'ouverture d'un guichet unique au niveau de l'API.

Si celui-ci permet désormais d'effectuer rapidement les démarches de création d'entreprise auprès de représentants de l'administration fiscale et du tribunal de commerce, il ne constitue néanmoins pas un interlocuteur unique pour entrepreneurs, qui doivent toujours se rendre auprès des différentes administrations et guichets compétents pour effecteur les démarches concernant, entre autres, les permis de construction, les visas de travailleurs étrangers ou encore la sécurité sociale.

Population

Selon le FMI, la population totale du Burundi était de 8,6 millions, avec un taux de croissance démographique de 2,4%. Les deux-tiers de la population ont moins de 25 ans. Compte tenu de la faible superficie du pays, la densité moyenne de la population est assez élevée, à environ 315 habitants par km². D'après la Banque mondiale, neuf dixièmes de la population vivent en milieu rural.

Qualification de la main d'œuvre

Depuis la fin de la guerre civile, qui a eu pour conséquence un exode important de la main d'œuvre qualifiée, un investissement limité et un secteur éducatif sinistré, d'importants efforts ont été menés pour accroître la scolarisation et l'alphabétisation de la population, y compris par la gratuité de l'éducation primaire instaurée en 2005. En plus du français et du kirundi, l'anglais et le kiswahili (langue véhiculaire régionale) sont enseignés en école primaire depuis l'intégration du Burundi à l'EAC.

Il existe également à Bujumbura une école française et une école belge.

Université du Burundi : Campus Kiriri

En matière d'enseignement supérieur, l'essentiel des établissements sont situés à Bujumbura. La principale université est l'Université du Burundi, seule université publique, qui propose des formations dans 13 filières (facultés et instituts), notamment en droit, économie, commerce, sciences, médecine, ou encore agriculture. Les autres principaux établissements sont l'Université Lumière, l'Université du Lac Tanganyika, l'Université Espoir d'Afrique et l'Université Internationale du Leadership.

Salaires

Les taux minimums de salaires sont fixés par ordonnances ministérielles et par conventions collectives.

Les fourchettes de salaires mensuels ci-dessous ont été estimées par des responsables d'entreprises installées au Burundi et sont données à titre indicatif pour certains types de postes.

Exemples de salaires

UnitéValeurAnnéeCommentaire
Directeur seniorUSD2000-30002013par mois
Directeur intermédiaireUSD600-12002013par mois
IngénieurUSD500-6502013par mois
Jeune diplôméUSD250-5002013par mois
Assistant administratifUSD250-4002013par mois
Technicien qualifiéUSD150-2502013par mois
VendeurUSD100-2002013par mois
ChauffeurUSD100-2002013par mois
Gardien de sécuritéUSD50-1502013par mois
Travailleur non qualifiéUSD30-602013par mois

Cotisations sociales

Les employeurs et les employés paient des cotisations sociales auprès de l'Institut National de Sécurité Sociale (INSS), que le contrat de travail soit à durée déterminée ou indéterminée et que le travailleur soit national ou étranger. La part salariale est prélevée directement sur le salaire de l'employé, tandis que la part patronale est due par l'employeur. Les montant des cotisations est calculé aux taux indiqués dans le tableau ci-dessous.

Les cotisations versées à l'INSS sont affectées aux branches suivantes :

  • Pension de retraite : le montant de la pension est fonction du salaire et du nombre d'années de cotisation. A partir de 15 années de cotisation, la pension est versée mensuellement et indéfiniment lors du passage à la retraite. Si la durée de cotisation est inférieure, le bénéficiaire ne perçoit pas de pension mensuelle mais une allocation unique.
  • Risques professionnels : cette branche couvre les accidents du travail

L'assurance maladie est privée : c'est à l'employeur de contracter obligatoirement une assurance maladie auprès d'une compagnie d'assurance de son choix.

Il n'existe pas de branche chômage et de cotisations associées.

Cotisations sociales

Types de cotisations Cotisations mensuelles de l'employé Cotisations mensuelles de l'employeur
Pension : salaire < 450 000 BIF 4% du salaire brut 6% du salaire brut
Pension : salaire >= 450 000 BIF 4% de 450 000 BIF 6% de 450 000 BIF
Risques professionnels aucune 80.000 BIF

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Institutions compétentes INSS

Emploi et contrats

Les contrats de travail sont conclus librement et sans autorisation préalable ; ils peuvent être établis par écrit ou oralement. L'âge légal du travail est de 16 ans. Des droits syndicaux sont garantiés aux travailleurs salariés. Par ailleurs, les travailleurs étrangers disposent des mêmes droits que les travailleurs nationaux.

Les employeurs ont l'obligation de s'affilier à une assurance maladie.

La durée légale du travail, hors heures supplémentaires, est de huit heures par jour et de quarante heures par semaine, avec un repos hebdomadaire d'au moins un jour (en principe le dimanche). Les salariés bénéficient de congés d'au moins 1 jour 2/3 par mois (20 jours par an).

Types de contrat

Les types de contrats de travail sont les suivants :

  • travailleurs journaliers : les travailleurs sont payés à la journée. Aucun contrat de travail écrit n'est nécessaire et le travailleur peut être licencié à tout moment.
  • travailleurs temporaires : type particulier de contrats à durée déterminée, pour une durée courte et un travail ne nécessitant pas une main d'oeuvre permanente. La limite de renouvellement des contrats à durée déterminée ne s'applique pas aux travailleurs temporaires.
  • contrats à durée déterminée : conclus pour une durée convenue ou pour l'exécution d'un ouvrage déterminé. Ils peuvent être renouvelés jusqu'à deux fois. Au-delà, ils sont convertis en contrats à durée indéterminée.
  • contrats à durée indéterminée : contrats sans échéance prévue, pouvant être assortis d'une période d'essai d'au maximum six mois ou douze mois, selon la catégorie professionnelle. Un contrat de travail sans clause relative à son échéance est présumé à durée indéterminée.

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Documents utiles Code du travail

Fin de contrat et licenciement

Les contrats à durée indéterminée peuvent être résiliés par l'employeur ou l'employé avec préavis. En cas de licenciement, la durée du préavis, établie par conventions collectives, et est au minimum de 1 à 3 mois selon l'ancienneté de service du salarié. La durée du préavis donné par le salarié est de moitié celle du préavis prévu pour l'employeur. En ce qui concerne les contrats à durée déterminée, la résiliation unilatérale du contrat, par l'employeur ou le salarié, avant son échéance ouvre droit au versement de dommages et intérêts à la partie lésée. Les contrats à durée déterminée ou indéterminée peuvent être résiliés par l'employeur sans préavis et sans indemnités en cas de faute lourde du salarié.

En cas de licenciement sans faute lourde, le travailleur bénéficie d'une indemnité de licenciement versée par l'employeur. D'après l'article 60 du Code du travail, le montant de cette indemnité, fixé par les conventions collectives, ne peut être inférieur à :

  • 1 fois la valeur du salaire mensuel moyen, rémunérations en nature comprises, en cas d'ancienneté du salarié de 3 à 5 ans ;
  • 2 fois ce montant, en cas d'ancienneté de 5 à 10 ans ;
  • 3 fois ce montant en cas d'ancienneté supérieure à 10 ans.

Ces indemnités s'ajoutent aux éventuelles indemnités de préavis (en cas de préavis non respecté) et aux éventuels dommages et intérêts dus.

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Documents utiles Code du travail

Travailleurs expatriés

Les travailleurs étrangers régulièrement embauchés jouissent des mêmes droits que les travailleurs nationaux et sont soumis aux mêmes obligations, conformément aux dispositions du Code du travail.

L'emploi de personnel expatrié est libre, sous condition de l'obtention d'un permis de travail (voir ci-dessous). Les travailleurs étrangers n'ont néanmoins pas accès aux emplois du secteur public. Il n'existe pas de quota maximal d'employés étrangers dans les entreprises.

Visa

L'obtention d'un visa de séjour s'effectue dans toute ambassade du Burundi ou à l'aéroport de Bujumbura. Pour les personnes déjà sur le territoire, les démarches sont faites directement auprès de la Police de l'Air des Frontières et des Étrangers (PAFE). Différents visas peuvent être obtenus :

  • Visa de séjour : Ce type de visa a une durée de 30 jours (90 $) ou de 60 jours (180 $) et peut être à entrée simple ou multiple. Il est octroyé aux étrangers qui visitent le pays, à l'exception des ressortissants de la Communauté de l'Afrique de l'Est (qui bénéficient de la libre circulation). Un visiteur qui souhaite prolonger son séjour doit obtenir une prolongation de son visa avant l'expiration de celui-ci et payer 2 $ par jour supplémentaire. Des dispositions spéciales sont prévues pour les citoyens de la Communauté économique des pays des grands lacs (CEPGL), facilitant ainsi l'accès des ressortissants de la RDC (le Rwanda, l'autre Etat membre, fait quant à lui déjà partie de l'EAC).

  • Visa de 2 ans renouvelable : Ce visa est octroyé aux étrangers souhaitant séjourner dans le pays pour une longue période. Son coût est de 500 $, à verser sur un Compte ouvert à la Banque Commerciale du Burundi,auquel s'ajoute une caution de 1 500 $ (ou 5 000 $ lorsque le demandeur vient avec sa famille).

  • Visa d’établissement indéterminé : Ce visa peut être obtenu après avoir été résident au Burundi pendant au moins 10 ans. Il coûte 600 $ et nécessite le versement d'une caution de 1 500 $ (déjà déposée si l'étranger disposait d'un visa de 2 ans renouvelable).

  • Visa de sortie-retour : Les étrangers détenteurs d'un visa d'établissement ou un visa de longue durée souhaitant sortir du pays, même pour une très courte période, doivent demander un visa de sortie coûtant 30 $.

Documents à fournir pour l'obtention d'un visa de séjour

Les documents à fournir à l'ambassade du Burundi pour l'obtention d'un visa de séjour touristique ou d'affaires sont :
  • un passeport d'une validité d'au moins 6 mois ;
  • 3 photographies d'identité ;
  • une copie des billets aller-retour ou une confirmation d'itinéraire ;
  • une copie du certificat de vaccination contre la fièvre jaune ;
  • une lettre de confirmation de l'hôtel de résidence ;
  • une lettre de l'entreprise au consulat du Burundi confirmant l'invitation, lorsqu'il s'agit d'une visite d'affaires.

Permis de travail

Tout étranger régulièrement embauché au Burundi doit être en possession d'un permis de travail. Ce document est obtenu au bureau de l'immigration. La procédure est la suivante :

  • Adresser une demande d'autorisation de travail au Commissaire Général de la PAFE ;
  • Une fois l'autorisation obtenue, transmettre à la PAFE le contrat de travail et un extrait de casier judiciaire ;
  • Effectuer versement de 500 $ et le dépôt d'une caution de 1 500 $ à la Banque Commerciale du Burundi afin d'obtenir un visa de 2 ans renouvelable (voir plus haut) et le permis de travail.

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Documents utiles Code du travail
Institutions compétentes PAFE

Ce qu'en pensent les investisseurs

Le faible coût du travail représente pour les investisseurs un important avantage comparatif du Burundi dans la région. La main d'œuvre est également jugée compétente et fiable. En matière de formation, il existe une offre excessive d'universitaires, tels que des gestionnaires et des économistes, mais les employeurs regrettent une disponibilité quasi-nulle de techniciens dans la plupart des domaines.

Pour y faire face, les entreprises s'appuient généralement sur la formation en interne ou font quelques fois appel à des travailleurs étrangers. Le manque de formations techniques de qualité disponibles dans le pays est cité comme le principal problème à ce niveau.

Electricité

Le taux d'électrification du Burundi est de 4,8% des ménages. Tandis qu'elle est quasi-absente des zones rurales, l'électricité est accessible à environ 40 % des ménages en milieu urbain (essentiellement à Bujumbura). La consommation d'électricité est pour près de la moitié, et de façon croissante, fournie par les importations. La production nationale d'électricité, d'une capacité totale de 45 MW en 2012, est essentiellement assurée par des centrales hydroélectriques, complétées par quelques centrales thermiques.

La fourniture d'électricité souffre d'infrastructures vieillissantes et d'une offre trop faible pour faire face à la demande croissante, générant une instabilité du réseau et de fréquents délestages. En raison du délai nécessaire à la construction et à la mise en service de nouvelles capacités et à l'intensification de la demande, il est attendu un accroissement du déficit énergétique dans les quelques années à venir. Toutefois, celui-ci devrait se résorber autour de 2017 si les investissements prévus sont réalisés.



Guichet unique pour le raccordement à l'électricité

Il existe un guichet unique pour le raccordement à l'électricité moyenne tension qui rassemble tous les services de la REGIDESO impliqués. Le raccordement est effectué en 35 jours. Les investisseurs sont par ailleurs libres d'acheter des transformateurs, la procédure d'achat de transformateurs et le monopole de la REGIDESO pour leur vente ayant été supprimés.

Tarifs de l'électricité

UnitéValeurAnnéeCommentaire
ElectricitéUSD0.1420131 KWh de consommation industrielle en journée (moyenne tension)

Eau et assainissement

Sept burundais sur dix ont accès à l'eau potable, dont 85% des habitants de Bujumbura contre la moitié de la population rurale. Une partie importante de l'approvisionnement en eau provient du lac Tanganyika. La Régideso (Régie de production et de distribution d'eau et d'électricité du Burundi), sous la tutelle du Ministère de l'Énergie et des Mines, est responsable du secteur. L'Agence burundaise de l'hydrolique rurale (AHR), mise en place fin 2011, est pour sa part chargée de développer l'accès à l'eau potable dans les zones rurales.

Les infrastructures de distribution, en partie défaillantes, bénéficient de programmes de réhabilitation, notamment par le NEPAD et la Banque africaine de développement (BAD). La libéralisation du secteur offre également des possibilités d'investissement privé dans ce domaine. Le Code de l'eau de 2012 soumet la production et distribution d'eau potable au régime de concession (Article 95), dont la demande d'attribution doit être déposée auprès du Ministère compétent.


Tarifs de l'eau

UnitéValeurAnnéeCommentaire
EauUSD0.3920131 m³ de consommation industrielle

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Documents utiles Code de l'eau (2012)

Télécommunications

Téléphonie

Le secteur de la téléphonie a été libéralisé dès 1997. Alors que l'opérateur historique, Onatel, détient le monopole de la téléphonie fixe filaire, le Burundi compte cinq opérateurs de téléphonie mobile (U-Com, Onatel, Econet, Africell, et Lacell). Ce nombre élevé d'opérateurs privés génère une concurrence importante et des prix de communication relativement bas.

En 2011, le pays comptait 22 abonnements de téléphonie mobile pour 100 habitants (Banque mondiale). Néanmoins, avec le développement du réseau, la croissance de l'accès à la téléphonie est très forte, ce qui devrait permettre à près de la moitié de la population de disposer d'une ligne mobile en 2015. L'accès à la téléphonie fixe est quant à elle essentiellement limitée aux zones urbaines.

Tarifs téléphoniques

UnitéValeurAnnéeCommentaire
Appel international ligne fixeUSD0.1820131 minute
Appel national ligne fixeUSD20131 minute
Appel international mobileUSD0.12-0.3220131 minute
Appel régional mobileUSD0.1220131 minute
Appel national mobileUSD0.0620131 minute

Internet

Installation de la fibre optique à Bujumbura

L'accès à internet est encore relativement difficile dans la capitale, et très limité en dehors. L'autorité de régulation compte 6 fournisseurs d'accès, qui correspondent en grande partie aux opérateurs de téléphonie mobile, l'essentiel de l'accès à internet étant fourni par le réseau 3G de deux opérateurs. 

Le Burundi connaît cependant depuis 2011 d'importants travaux d'interconnexion avec le réseau de fibre optique est-africain EASSy grâce à l'installation d'un cable de 1300 km. Cela devrait permettre de faire évoluer rapidement l'offre et les débits disponibles dans le pays, mais également de réduire fortement les prix. Bujumbura et chacune des 17 provinces du pays seront couvertes par le cable. Le service, particulièrement attendu par les opérateurs privés, devrait être progressivement disponible à partir de juillet 2013.

Tarifs d'internet

UnitéValeurAnnéeCommentaire
Internet haut-débit USD5002013256 kbps illimité (dédiée) par mois

Infrastructures de transport

Réseau routier

Route Muyinga- Gitega en construction

En 2012, le Burundi dispose d’un réseau routier de 7 059 km (dont 1 414 km bitumés) et de 7 310 km de pistes rurales. La qualité du réseau routier est inégale mais globalement satisfaisante. Un programme de bitumage et de désenclavement se poursuit sur le réseau national, ainsi que l'extension de la voirie urbaine des principales villes. Néanmoins, les besoins de développement et d'amélioration du réseau restent importants, et offrent de réelles opportunités d'investissement.

Par ailleurs l'EAC a initié un projet de réseau routier régional visant à faciliter l'intégration des pays membres. Celui-ci se compose de cinq corridors: Mombasa - Malaba - Katuna, reliant la côte kenyane à l'Ouganda et au Rwanda (corridor 1) ; Dar-Es-Salaam - Isaka-Masaka, raccordant la côte tanzanienne à l'est et l'Ouganda (corridor 2) ; Biharamulo - Lockichogio, reliant l’est de la Tanzanie, le Kenya, l'Ouganda et le Sud-Soudan (corridor 3) ; Tunduma - Nyakanazi, assurant la connexion entre l'est et le  sud de la Tanzanie (corridor 4) ; enfin, Tunduma - Namanga - Moyale, reliant le sud de la Tanzanie, le Kenya et l'Ethiopie (corridor 5).

La participation du Burundi dans ce réseau routier régional est importante pour le pays, en particulier pour les corridors 1, 2 et 4 : le premier permettra de rejoindre le port de Mombasa via le Rwanda, le second donnera un accès direct à Dar-Es-Salaam et le quatrième permettra d'atteindre le sud de la Tanzanie et l'Afrique australe en longeant le lac Tanganyika.

Rail

Le Burundi ne dispose d'aucune infrastructure ferroviaire, bien qu'il existe des propositions pour relier le Burundi aux pays voisins par chemin de fer.

Laisons aériennes

Aéroport International de Bujumbura

L'aéroport de Bujumbura est le principal aéroport et le seul aéroport international du pays. Il est desservi par les compagnies suivantes : Kenya Airways, Ethiopian Airlines, SN Brussels, South Africa Airlines, Air Uganda, Rwandair Express, China Postal Airlines. Ces liaisons permettent notamment un bon accès à l'Europe et de très fréquentes connexions régionales.

Infrastructures portuaires

Le Burundi, sans accès à la mer, possède un port sur le lac Tanganyika, le port de Bujumbura. Celui-ci occupe une position stratégique pour l'économie du  Burundi puisque plus de trois quart des échanges internationaux du pays y transitent. Il permet en particulier de réaliser des échanges avec l'Afrique australe, la République Démocratique du Congo ou encore la Tanzanie. Le port tanzanien de Kigoma, sur le lac Tanganyika, étant relié au port de Dar-Es-Salaam par chemin de fer, une partie des marchandises internationales en provenance ou à destination du Burundi empruntent cet itinéraire.

Coûts de transport

Coûts

UnitéValeurAnnéeCommentaire
Transport de marchandisesUSD5350-55002013conteneur de 40' depuis le principal port maritime utilisé (domestique ou étranger) jusqu'à la principale ville

Autres coûts

Coûts de biens et services

UnitéValeurAnnéeCommentaire
DieselUSD1,3820131 litre
EssenceUSD1,3820131 litre
Bouteille de gazUSD43,20201315 kg, hors coût de la bouteille
Coca-colaUSD3,902013bouteille plastique 50 cl
Bière d'importationUSD3,20201333 cl
Bière localeUSD0,50201333 cl
Eau en bouteilleUSD0,6020131,5 litre
RizUSD2,0020131 kg
Farine de bléUSD1,6020131 kg
Farine de maïsUSD1,0020131 kg
SucreUSD1,3020131 kg
Poulet entierUSD5,4020131 kg
Boeuf hachéUSD4,5020131 kg
PapierUSD6,402013500 feuilles A4 standard
CimentUSD7,802013sac de 25 kg
Hôtel 3 étoilesUSD80-1002013Chambre standard avec petit-déjeuner dans principale ville
Hôtel 4 étoilesUSD100-1902013Chambre standard avec petit-déjeuner dans principale ville
Hôtel 5 étoilesUSD-2013Chambre standard avec petit-déjeuner dans principale ville
TaxiUSD1,902013Trajet simple en ville

Ce qu'en pensent les investisseurs

Le coût et la fiabilité de l'électricité sont parmi les principaux problèmes relevés par les investisseurs. Les nombreux délestages quotidiens liés à l'insuffisance des capacités de production électrique et à la croissance rapide de la demande en énergie génèrent des surcoûts pour les entreprises, qui s'équipent généralement en groupes électrogènes (chers en carburant et en entretien) et doivent investir dans des stabilisateurs de tension. Les investissements publics prévus dans ce secteur sont attendus avec intérêt. La fourniture d'eau courante est satisfaisante, malgré quelques problèmes relevés de pression non constante qui peuvent nécessiter l'acquisition de groupes de pressurisation.

Le réseau téléphonique est jugé bon et les prix compétitifs grâce à la présence de cinq opérateurs. Les travaux d'installation de la fibre optique pour l'accès à internet sont également accueillis comme une excellente nouvelle.

D'après les investisseurs, les routes des grands axes sont satisfaisantes. Néanmoins, il est rapporté par les entreprises que le manque de transporteurs dans le pays les conduit à assurer elles-mêmes le transport de leurs marchandises ou à faire appel aux transporteurs des pays voisins traversés.

Système foncier

Les règles en matière foncière sont définies par le Code foncier, révisé par la loi No. 1/13 du 9 août 2011.

Le Code foncier définit trois types de terres :

  • les "terres relevant du domaine public de l’Etat et de celui des autres personnes publiques", soumises aux règles de la gestion domaniales ;
  • les "terres relevant du domaine privé de l’Etat et de celui des autres personnes publiques", relevant des règles foncières de droit commun ;
  • les "terres des personnes privées, physiques ou morales", relevant également des règles foncières de droit commun.

Les terres sont caractérisées par leur fonction (agricole, industrielle, commerciale, résidentielle, etc.) ainsi que par leur caractère urbain ou rural, selon les périmètres fixés par décrets. De plus, les terres relevant d'aires protégées sont soumises à un régime particulier.

Les personnes physiques et morales étrangères bénéfient en principe des mêmes droits que les personnes nationales, avec toutefois deux exceptions. Elles ne peuvent tout d'abord pas obtenir la pleine propriété de terres à usage agricole ou d'élevage. Par ailleurs, les droits garantis par le Code ne sont pas applicables aux personnes étrangères dont le pays de nationalité prévoit des règles moins favorables aux nationaux burundais. Les personnes étrangères peuvent, en revanche, bénéficier de cessions et de concessions de terres domaniales dans les mêmes conditions que les nationaux.

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Documents utiles Code foncier

Propriété foncière

Droit de propriété foncière

Le droit de propriété foncière est établi sur demande de la personnes physique ou morale souhaitant se faire reconnaître ce droit. La requête est adressée au Conservateur des titres fonciers (il existe un Conservateur des titres fonciers par province), lequel reconnaît et délimite la propriété par enquête foncière, puis enregistre le droit de propriété correspondant au registre foncier. Le titre foncier est identifié par un numéro d'immatriculation et une copie de l'enregistrement est fournie au propriétaire.

Les recours sont possibles dans une délai de trois mois en général, et de six mois lorsque l'opposition émane d'une personne publique.

Le droit de propriété peut également être reconnu par un certificat foncier établi par le Service foncier communal, reconnaissant "une emprise personnelle ou collective, permanente et durable" sur le terrain (art. 313 du Code foncier).

Acquisition

Guichet Unique de transfert de propriété

L'acquisition foncière peut prendre trois formes :

  • Transfert de titre de propriété : les démarches doivent être effectuées au niveau du Guichet unique de transfert de propriété. Elles comprennent 5 procédures, pour une durée de 12 jours.
  • Obtention d'un terrain auprès du gouvernement : les démarches sont effectuées au niveau de la Direction Générale de l'Urbanisme et de l'Habitat. Il est possible soit d'acquérir, soit d'obtenir une concession sur un terrain.
  • Héritage : en ce qui concerne les étrangers, les mutations par décès doit faire l'objet d'une requête particulière de l'héritier à la suite d'une ordonnance émise par la juridiction compéptente (voir l'art. 348 du Code foncier).


Coûts

A Bujumbura, un périmètre sécurisé comprenant certains quartiers a été établi par les Nations Unies. Il en résulte une importante différence de prix à la vente et à la location entre les bâtiments situés dans cette zone et ceux en-dehors. Les expatriés choisissent essentiellement des logements et des locaux situés dans ce périmètre.

Les prix et loyers indicatifs des maisons et bureaux ci-dessous concernent cette zone, et sont bien inférieurs en-dehors.

Loyers indicatifs

UnitéValeurAnnéeCommentaire
Maison non meublée pour expatriéUSD1000-200020133 pièces avec jardin, dans la principale ville
Maison meublée pour expatriéUSD1500-300020133 pièces avec jardin, dans la principale ville
Commerce sur rueUSD15-202013dans la principale ville, par m²
BureauxUSD10-152013dans la principale ville, par m²
EntrepôtUSD52013à 5 km de la principale ville, par m²

Règlement des différends

De façon générale, les conflits fonciers sont résolus par voie judiciaire de droit commun. Il existe une juridiction d'exception, la Commission nationale des terres et autres biens (CNTB), qui n'est toutefois réservée qu'aux cas de spoliation liés à la période de guerre civile, et qui ne peut être saisie pour le règlement de différends fonciers ordinaires.

Permis de construction

Guichet Unique de permis de construire

Le permis de construction s'obtient au Guichet unique de permis de construire (GUPC), situé dans le bâtiment du Ministère des finances (sixième étage). Le processus comprend 7 procédures et prend 51 jours. Le guichet unique comporte les services de la Direction de l'Urbanisme et de l'Habitat, de la Direction des Titres Fonciers, de la Direction du Cadastre National, de la Direction de l'ONATEL (Office National des Télécommunications), de la SETEMU et de la REGIDESO. A la fin de la procédure, le demandeur obtient les documents et licences nécessaires pour la construction, les inspections et les raccordements.

Ce qu'en pensent les investisseurs

Il n'y a pas eu de problème majeur mentionné au niveau du foncier. Les investisseurs peuvent faire face à des différends occasionnels, souvent liés à des titres de propriété contradictoires, mais ceux-ci sont généralement résolus efficacement par la voie judiciaire.

Les investisseurs soulignent la différence importante de loyers qui existe entre les quartiers que recouvre le périmètre de sécurité établi par les Nations Unies, très prisé des expatriés et relativement cher, et les autres quartiers de la capitale, beaucoup moins onéreux mais également moins fréquentés par les expatriés et touristes, notamment dans le secteur de l'hôtellerie.

Impôt sur les sociétés

Office Burundais des recettes
L'impôt sur les bénéfices des sociétés s'applique à l'ensemble des bénéfices d'affaires des sociétés opérant au Burundi, des entreprises publiques ou de toute autre entité exerçant une activité à caractère lucratif. Il touche également, au même taux, les revenus du capital et les revenus locatifs de l'entité. Le taux d'imposition est unique, quelque soit le montant de la base imposable.


Impôt sur les bénéfices des sociétés

Base d'imposition Taux
Bénéfices réalisés 30 %
Revenus du capital et revenus locatifs 30 %

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Documents utiles Loi 1/02 relative aux impôts sur les revenus (24 janvier 2013)
Institutions compétentes OBR

Impôt sur les revenus

Les personnes physiques sont soumises à l'impôt sur les revenus des personnes physiques. Cet impôt comprend deux composantes.

La première s'applique aux revenus d'emploi et bénéfices d'affaires selon un barème progressif. L'"impôt professionnel sur les rémunérations" (IPR) qui en relève est prélevé à la source par l'employeur. Les frais de déplacement au-delà de 15 % du salaire de base et les loyers et indemnités compensatoires au-delà de 60 % du salaire de base sont inclus dans la base d'imposition.

La seconde s'applique aux revenus du capital à un taux unique.


Impôt sur le revenu des personnes physiques

Base d'imposition Taux
1. Revenus d'emploi et bénéfices d'affaires (annuels) :
entre 0 et 1 800 000 BIF 0 %
entre 1 800 001 et 3 600 000 BIF 20 %
> 3 600 000 BIF 30 %
2. Revenus du capital (y compris plus-values) 15 %

TVA

La taxe sur la valeur ajoutée est appliquée aux opérations économiques réalisées par les personnes physiques ou morales dont le chiffre d'affaire annuel est supérieur à 100 millions de BIF. Les importations sont taxées sur la base de leur valeur coût assurance fret (CAF). Les exportations sont exonérées de TVA.

Un certain nombre de biens et de services bénéficient également d'une exonération. C'est le cas, entre autres, des médicaments et soins médicaux, des frais de scolarité des établissements agréés, des locations d'habitations non meublées, ou encore des produits agricoles non transformés et vendus par les producteurs. La liste des exonérations figure dans l'ordonnance de 2009 (ci-dessous).


Taxe sur la valeur ajoutée

Taux
TVA 18 %

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Documents utiles Loi instituant la TVA (2009) Ordonnance TVA (2009)

Taxe de consommation

La taxe de consommation est prélevée sur la vente de certains biens de consommation et services. Elle est appliquée aussi bien aux importations qu'aux produits fabriqués localement. Pour l'exercice 2013, la taxe touche les boissons alcoolisées et non alcoolisées, le tabac, le sucre, les véhicules de plus de dix ans importés et les communications téléphoniques par GSM, aux taux indiqués ci-dessous. Les dispositions de cette taxe figurent à l'article 23 de la loi budgétaire 2013 (en lien ci-dessous).

La base de la taxe correspond au prix de sortie d'usine des biens produits localement, à la valeur CAF des produits importés et au coût de consommation pour les communication GSM.


Taxe de consommation

Produits Taux
Vins et spiritueux 70 %
Tabac 120 %
Sucre 600 BIF/kg
Bière 36 000 BIF/Hl
Eaux minérales et eaux gazéifiées 10 %
Limonades, sodas et boissons non alcoolisées 30 000 BIF/Hl
Communications téléphoniques GSM 10 %
Véhicules d'occasion importés de 10 ans et plus 1 500 000 BIF/véhicule

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Documents utiles Loi budgétaire 2013 (hors annexes)

Taxes communales

Les communes ont la possibilité de prélever certaines taxes et redevances propres. Les taxes et redevances pouvant être prélevés par les communes sont déterminés chaque année par le gouvernement ; leur application et leurs taux sont déterminés par les communes.



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Documents utiles Loi portant organisation de l'administration communale

Droits de douane

En tant que membre de l'union douanière de l'EAC, les échanges intra-EAC (Burundi, Kenya, Rwanda, Tanzanie, Ouganda) ne sont pas soumis aux droits de douane et les marchandises importées des pays tiers sont soumis au tarif extérieur commun (TEC) de la Communauté. Le TEC comprend trois taux applicables selon la catégorie de marchandises importées (voir ci-dessous). Les demandes d'exonération douanière sont formulées auprès de l'OBR.

Le Burundi appartenant à la zone de libre-échange de la COMESA, les échanges commerciaux avec les autres pays membres de cette organisation sont également exonérés de droits de douane. La CEEAC et la CEPGL, dont le Burundi fait partie, prévoient également l'établissement du libre-échange entre leurs pays membres, mais celui-ci n'est dans les faits pas encore appliqué.


Tarif extérieur commun de l'EAC

Catégorie Taux
Matières premières et biens d'équipement 0 %
Produits intermédiaires 10 %
Biens de consommation 25 %

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Documents utiles Nomenclature tarif extérieur commun EAC Code des douanes (2007)

Conventions contre la double imposition

Le Burundi n'a pas signé de convention bilatérale contre la double-imposition.

La loi de 2013 relative aux impôts sur les revenus (voir plus haut) prévoit toutefois, pour le calcul de l'impôt sur le revenu des personnes physiques ou morales situées au Burundi, la déduction du montant des impôts payés à l'étranger au titre d'un revenu étranger. L'article 14 dispose notamment que "Lorsque, au cours de l'exercice fiscal, un résident perçoit un revenu ou un bénéfice de source étrangère (...), l'impôt payable par ce résident au titre de l'impôt sur le revenu des personnes physiques ou de l'impôt sur les bénéfices des sociétés est diminué d'un montant égal à l'impôt payé ou dû à l'étranger sur ce revenu ou bénéfice."

Paiement des impôts

L'Office Burundais des Recettes (OBR) est le seul organisme au Burundi ayant pour mission la collecte des impôts et autres revenus. Tout paiement d’impôt , taxes , déclarations et autres sont faits dans les bureaux de l'OBR qui sont par ailleurs disséminés un peu partout dans la ville et dans le pays ainsi qu'aux postes frontières. 

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Institutions compétentes OBR

Ce qu'en pensent les investisseurs

Les investisseurs saluent unanimement la réduction du taux d'imposition des sociétés, de 35% à 30%, permettant un alignement sur les autres pays de la Communauté d'Afrique de l'Est. La réforme et la simplification du système fiscal, notamment en matière d'imposition des revenus, est appréciée. Le passage à un taux unique de TVA de 18% en remplacement des taux différenciés de l'ancienne "taxe sur les transactions" est reconnu utile, bien qu'il représente une légère augmentation du principal taux antérieur.

En matière de droits de douane, le libre-échange avec les pays de l'EAC et du COMESA, de même que l'application du tarif extérieur commun avec les pays tiers sont considérés avantageux. Néanmoins, la superposition de plusieurs marchés communs, et notamment la double appartenance du Burundi à l'EAC et au COMESA, a parfois généré des problèmes d'application des droits de douane. Des difficultés ont également été rapportées pour faire exonérer de droits l'importation de certaines marchandises en provenance de Tanzanie, pour lesquelles un certificat d'origine n'est pas délivré.

Des investisseurs ont également rencontré occasionnellement des difficultés pour faire reconnaître par l'administration fiscale les exonérations qui leur avaient été accordées par l'API. Une certaine instabilité fiscale, avec de fréquentes nouvelles dispositions, est également regrettée.

Protection de l'investissement

Les principales garanties prévues en matière de protection de l'investissement figurent dans le Code des investissements de 2008.

Expropriation

L’article 13 du Code des investissements protège les investisseurs contre toute expropriation ou nationalisation des investissements realisés sur son territoire, et contre toute mesure de portée équivalente. Il est prévu que "dans les cas exceptionnels d’expropriation pour cause d’utilité publique, la République du Burundi garantit aux investisseurs une procédure conforme à la loi, accompagnée d'une juste et préalable indemnité et ouverte le cas échéant aux recours judiciaires et à l'arbitrage".

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Institutions compétentes API Burundi

Transfert de capitaux

Le Code des investissements garantit le libre transfert des capitaux étrangers et des revenus après paiement des impôts (article 11), ainsi que celui de la rémunération du capital sous forme de dividendes des entreprises à capitaux étrangers ou mixtes (article 12).

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Documents utiles Code des investissements 2008

Règlement des différends

Le recours aux procédures d'arbitrage est prévu par l'article 17 du Code des investissements. L'investisseur peut choisir entre un recours à un atribitrage institutionnel interne ou un arbitrage institutionnel conforme aux règles établies par le CIRDI.

Il existe un Centre burundais d'arbitrage et de conciliation (CEBAC) de statut privé, garantissant le huis-clos et la résolution des litiges commerciaux et d'affaires en 60 jours maximum. Le CEBAC est néanmoins encore peu utilisé.


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Documents utiles Code des investissements

Accords internationaux sur l'investissement

Le Burundi a signé des accords bilatéraux sur l'investissement avec l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, les Comores, le Kenya, Maurice, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Ceux signés avec l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, Maurice et le Royaume-Uni sont entrés en vigueur.

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Documents utiles Accords bilatéraux sur l'investissement

Propriété intellectuelle

Accords internationaux

Parmi les traités administrés par l'Organisation internationale de la propriété intellectuelle (OMPI), le Burundi est partie prenante des deux conventions internationales ci-dessous. Il a également signé, mais non encore ratifié, le Traité de Genève sur le droit des brevets et le Traité de Beijing sur les interprétations et exécutions audiovisuelles.

Convention établissant l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (1967)

Lien vers l'accord sur le site de l'OMPI

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Documents utiles Convention de l'OMPI

La Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle (1883) établit des règles de protection de la propriété industrielle en ce qui concerne les brevets, les marques, les dessins industriels, les noms commerciaux, les indications géographiques et la répression de la concurrence déloyale. La convention s'intéresse en particulier au traitement national et au droit de priorité, et fixe un certain nombre de règles communes.

Lien vers l'accord sur le site de l'OMPI

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Documents utiles WIPO Paris Convention

Mise en application

La propriété industrielle est régie et protégée par la Loi relative à la propriété industrielle au Burundi (2009), disponible ci-dessous. Les demandes de brevets en matière industrielle sont déposées auprès de la Direction de la propriété industrielle du Ministère du commerce et de l'industrie. Les brevets industriels délivrés ont une validité de 20 ans (article 62).

En matière de droits d'auteurs, les œuvres artistiques sont soumises à la Loi 1/021 portant protection du droit d'auteur et des droits voisins (2005). La protection des droits d'auteurs est garantie jusqu'à 50 ans après la mort de l'auteur (ou du dernier co-auteur) (articles 58 et 59). Un Office burundais des droits d'auteur et droits voisins (OBDA) chargé de la protection des droits d'auteurs a été mis en place fin 2011.

Droit de la concurrence

La législation en matière de droit de la concurrence est récente. Elle fait l'objet de la Loi portant régime juridique de la concurrence (2010). Celle-ci interdit les pratiques de concurrence déloyale ainsi que les pratiques anticoncurrentielles individuelles (telles que le dumping) ou collectives (ententes, abus de position dominante).

Une Commission de la concurrence (indépendante, composée de représentants de l'administration, du secteur privé et de la société civile) est également prévue par la loi, mais n'est pas encore en place. Celle-ci sera chargée de veiller au respect des règles de concurrence et pourra notamment être saisie par les entreprises sur des affaires liées à des pratiques anti-concurrentielles. Elle sera habilitée à prononcer des sanctions.

Ce qu'en pensent les investisseurs

Les investisseurs n'ont pas indiqué de difficultés particulières en matière de protection des droits des investisseurs. L'explicitation des garanties dont bénéficient les investisseurs par le nouveau Code de l'investissement est considérée comme une avancée positive.

Structure productive et commerciale

Structure sectorielle

L'économie burundaise est dominée par les secteurs primaire (agriculture, élevage, exploitation forestière) et tertiaire (commerce, télécommunication, transport, hôtellerie). En 2010, selon le rapport annuel de la Banque de la République du Burundi, le secteur agricole représentait 45,8% du PIB contre 16,8% pour le secteur manufacturier et 37,4% pour le secteur des services.

Contribution des secteurs d'activité à la formation du PIB (%)


   2007

   2008

   2009

   2010

Secteur primaire

   43.7

   46.6

   45.8

   45.8

Secteur secondaire

   15.3

   16.5

   16.8

   16.8

secteur tertiaire

   34.3

   36.9

   37.4

   37.4

Source : Rapport de la Banque de la République du Burundi (BRB), 2010

Commerce extérieur

L'essentiel des échanges commerciaux non-régionaux du Burundi transitent par le port de Mombasa (Kenya) et celui de Dar es Salaam (Tanzanie). Avec des exportations limitées et des importations croissantes, la balance commerciale du pays est fortement déficitaire. Néanmoins, bien que le déficit commercial augmente en valeur, sa part relative au PIB est plus stable : après un pic à plus de 35% du PIB en 2007-2008, celle-ci s'est légèrement réduite et représentait 28% du PIB en 2011.

Evolution de la balance commerciale du Burundi (USD courants, millions)


2007     

2008     

2009     

2010     

2011     

Importations (dont services)

569,2

677,2

609,0

740,1

786,0

Exportations (dont services)

92,8

105,6

98,0

124,3

127,6

Balance commerciale (dont services)    

-476,4

-571,7

-511,0

-615,7

-658,4

Source : Banque mondiale (2012), Indicateurs de développement dans le monde

Le pays exporte principalement des produits primaires (essentiellement café et thé, mais également coton) et importe l'essentiel des produits manufacturés, produits semi-finis et biens de production.

Accès aux marchés

Au-delà du marché burundais, les entreprises installées dans le pays peuvent facilement atteindre les autres pays de la région, en particulier les autres membres de la CEA (Kenya, Ouganda, Rwanda et Tanzanie) grâce à la bonne intégration régionale de l'organisation et à l'exonération de droits de douanes appliquée aux marchandises originaires des pays membres (voir "Taxes"). Le Burundi est également membre de la COMESA et bénéficie d'accords commerciaux préférentiels avec l'Union Européenne et les Etats-Unis (voir plus bas).

Le Burundi est membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Marché national

Le Burundi dispose d'un marché national de 8,4 millions d'habitants (2010), avec un PIB par habitant de 271 USD en 2011. Le nombre de consommateur augmente rapidement du fait d'une croissance démographique d'environ 2,4% par an. Par ailleurs, grâce à une croissance économique plus rapide que la croissance démographique, le PIB par tête s'accroît lui aussi à un rythme moyen annuel, certes modéré, de 1,6% entre 2004 et 2011 (en dollars constants). L'essentiel de la population du pays vit en milieu rural.

Sa faible superficie (27 834 km²) et sa densité de population importante (326 habitants/km²) permettent un accès facilité aux consommateurs nationaux en termes de transports et de présence territoriale. Le Burundi, situé entre l'Afrique de l'Est et l'Afrique centrale, ne dispose pas de littoral maritime. Ses pays limitrophes sont le Rwanda au nord, la République Démocratique du Congo à l'ouest, la Tanzanie à l’est.

Marchés régionaux et accords commerciaux

Le Burundi bénéficie d’accès préférentiels sur certains marchés dans le cadre des accords multilatéraux ou régionaux :

La Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC) comprend le Burundi, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l'Ouganda. L'appartenance à l'EAC donne accès à un marché commun dont la population s'élève à 138 millions d'habitants et le PIB à 82,1 milliards de dollars.

Tous les biens fabriqués dans un pays membre de l'EAC et vendus dans un autre pays membre sont traités comme s'ils avaient été fabriqués localement, du fait de l'absence de droits de douane internes entre les pays partenaires. Les barrières non tarifaires sont également progressivement supprimées. Les pays membres appliquent un tarif extérieur commun aux biens importés dans l'EAC, afin d'encourager le secteur manufacturier et la transformation des matières premières. Les matières premières et biens d'équipement sont ainsi exonérés de droits de douane, les biens intermédiaires se voient appliquer un taux de 10% et les biens de consommation un taux de 25%.

Les prochaines étapes envisagées sont l'union monétaire et l'établissement d'une fédération politique. L'élargissement est également envisagé. En 2011, le Soudan du Sud, dont le secteur pétrolier est important, s'est porté candidat pour rejoindre l'EAC, sur proposition du Kenya et du Rwanda. La RDC, qui dispose de vastes réserves de minerais, a un statut d'observateur.

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Documents utiles EAC map (UN cartography)

Le COMESA est un vaste marché commun comprenant 19 pays membres pour une population de 444 millions d'habitants. Une zone de libre-échange a été créé en 2000, réunissant aujourd'hui 15 des 19 pays membres (tous les membres sauf la République Démocratique du Congo, l'Erythrée, l'Ethiopie et les Seychelles). Une union douanière est également prévue dans un futur proche, avec un tarif extérieur commun et l'objectif d'éliminer à terme les barrières quantitatives et non tarifaires pour les biens originaires de la région. En raison des problèmes spécifiques posés par l'appartenance simultanée de certains pays au COMESA et au marché commun de l'EAC, il est probable que les conditions d'une future union douanière du COMESA soient harmonisées avec celles de l'EAC.

Les pays membres sont : le Burundi, les Comores, Djibouti, l'Egypte, l'Ethiopie, l'Erythrée, le Kenya, la Libye, Madagascar, le Malawi, Maurice, l'Ouganda, la République Démocratique du Congo, le Rwanda, les Seychelles, le Soudan, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe.

Grâce à l'initiative Tout sauf les armes (TSA) de l'Union européenne, les pays les moins avancés (PMA) ont un accès libre de droits de douane au marché de l'Union européenne pour toutes les marchandises, à l'exception des armes et munitions.

Les pays en développement bénéficient d'un accès prérérentiel exonéré de droits de douane vers les Etats-Unis pour plus de 5000 marchandises, en vertu du Système généralisé de préférences (SGP). Les marchandises concernées comprennent notamment la plupart des biens manufacturés, de nombreux types de produits chimiques, minerais et pierre de construction, les bijoux, divers types de tapis et certains produits agricoles et de la pêche. En revanche, la plupart des produits textiles et d'habillement, les montres, les chaussures, les sacs à main, sacs de voyage et autres bagages, entre autres, ne sont pas concernés.

En vertu de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA), les pays d'Afrique subsaharienne bénéficient d'un accès libre de droits de douane aux Etats-Unis pour 1800 produits supplémentaires n'étant pas couverts par le Système général de préférences. Parmi ceux-ci figurent la plupart des produits textiles et d'habillement, les montres, les chaussures, les sacs à main, sacs de voyage et autres bagages. En ce qui concerne l'habillement, il est généralement requis que le textile et le fil soient originaires des pays d'Afrique subsaharienne ou des Etats-Unis.

KCB Burundi

Kenya Commercial Bank Group (KCB), plus grand groupe financier de l'Afrique de l'Est basé à Nairobi (Kenya) et déjà présent dans quatre autres pays de la région (successivement en Tanzanie, au Soudan du Sud, en Ouganda et au Rwanda), a investi au Burundi en 2012 à hauteur d'environ 8 millions de dollars. L'ouverture d'une filiale dans le pays s'est en particulier justifiée par l'entrée du Burundi dans la Communauté de l'Afrique de l'Est en 2007, dans le but de faciliter le commerce intrarégional. En 2013, KCB emploie au Burundi 43 personnes, dont sept expatriés. Au-delà de ses installations actuelles à Bujumbura, la banque prévoit d'ouvrir deux nouvelles agences courant 2013.

Les dirigeants de la Banque soulignent l'avantage que représente l'investissement au Burundi en termes d'accès aux marchés, à la fois pas son appartenance à l'EAC et par son positionnement central, permettant notamment d'accéder facilement aux marchés congolais et zambiens.

Agriculture, Élevage et Pêche

L'économie du Burundi est principalement rurale et repose fortement sur le secteur agricole. Celui-ci représente plus de 90% de la population active et plus de 50% du PIB. Essentiellement vivrière, l'agriculture est également la principale source d'exportation du pays (café et thé).

La stratégie gouvernementale de développement du secteur (« Plan National d'Investissement Agricole 2012-2017 ») est notamment axée sur des mesures de structuration des exploitations, d'amélioration de la productivité, de développement de l'agro-industrie, de renforcement des institutions, de professionnalisation des producteurs et de promotion de l'initiative privée.


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Documents utiles Plan National d'Investissement Agricole.

Agriculture

Le secteur agricole au Burundi bénéficie de nombreux atouts, parmi lesquels :

• De vastes plaines très fertiles (notamment la plaine de l'Imbo, Moso, Buragane) propices à l'agriculture intensive ;
• Des précipitations environ neuf mois par an ;
• Des possibilité d'irrigation grâce aux lacs artificiels ;
• La possibilité de procéder à deux récoltes par an, permettant une production de plus de 10 tonnes/ha (riz et céréales)

Les principales cultures d'exportation sont le café et, dans une moindre mesure, le thé. Ces deux secteurs sont en cours de privatisation, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour l'investissement étranger, notamment vers l'amélioration de la qualité et de la productivité de la filière. La production et la transformation de thé peuvent par exemple être développées dans le sud du pays, où 4500 ha de terres propices à cette culture sont disponibles. Le secteur du coton, également en cours de privatisation mais dont la production et les exportations ne sont plus aussi importantes que par le passé, offre aussi des possibilités intéressantes de modernisation susceptibles d'en faire à nouveau un produit d'exportation majeur du pays.

En dehors du développement nécessaire de l'agriculture vivrière, les conditions sont également favorables au développement de nouvelles cultures d'exportation à valeur ajoutée importante telles que les avocats les plantes médicinales ou la production d'huiles essentielles. Par ailleurs, aux coûteuses importations de riz, de manioc ou de haricots peut avantageusement se substituer le développement de la production locale.

Les besoins sont par enfin très importants en matière de capacités de stockage, de transformation, de conditionnement, de commercialisation et, pour les exportations, de certification sanitaire.

Elevage

L’élevage est essentiellement de type traditionnel. Les élevages de plus grande ampleur, extensifs ou intensifs, sont quasi-inexistants. Sont principalement élevés au Burundi des bovins, des caprins, des ovins et des volailles. Les lignes de production animale locales sont notamment axées sur la transformation des produits laitiers, la vente de viande ou encore la production de fumure organique.

La production nationale de viande, lait et oeufs est cependant très insuffisante au regard de la demande nationale, et les besoins croissent rapidement avec la population. D'importantes possibilités de développement de la production existent à ce niveau.

Pêche

Le lac Tanganyika offre d'importantes possibilités de pêche avec de larges ressources halieutiques. La pêche représente environ 1% du PIB du pays. La consommation annuelle de poisson dans le pays est d'environ 2 kg par habitant.

Le lac Tanganyika est un écosystème pouvant permettre une pêche industrielle, dans lequel évoluent de nombreuses espèces de poissons à forte valeur marchande. Il abrite près de 300 espèces différentes, essentiellement endémiques, dont de nombreux cichlidés.

Le secteur de la pêche est privatisé au Burundi, mais encore peu industrialisé. La pêche artisanale et la pêche traditionnelle y sont dominantes. Le poisson est vendu sur les marchés ruraux frais ou séchés et fumés. Des installation frigorifiques, de stockage et de transport sont disponibles dans le pays, mais peuvent être davantage développées.

Par ailleurs, plusieurs régions sont propices au développement de la pisciculture, aujourd'hui presque inexistante.

Energie et Mines

Energie

Les capacités de production électrique du Burundi sont aujourd'hui très largement insuffisantes au regard des besoins nationaux. Le taux d'électrification du pays est très faible (autour de 4% des ménages, avec près de 40% en milieu urbain, et 1% en milieu rural) et plus de 90% de l'électricité est consommée à Bujumbura. Le racordement des zones rurales, dans lesquelles les infrastructures de transport d'énergie ont été en grande partie détruites lors de la période de conflit, reste un défi.

Le potentiel hydroélectrique est estimé à 1700 MW, dont 300 MW sont considérés comme économiquement exploitables. A ce jour, les capacités de production nationale consistent en quelques centrales hydroélectriques (dont les deux plus importantes, à Mugere et Rwegura, totalisent 30,6 MW), et une centrale thermique de 5 MW. Au total, la capacité installée atteint environ 45 MW.

Le Burundi reste ainsi fortement dépendant des importations (en particulier des centrales hydroélectriques Rusizi I de 13,3 MW et Rusizi II de 1,71MW, partagées avec le Rwanda et la RDC sur la rivière Rusizi), lesquelles fournissent plus de 40% de la consommation nationale. En 2010, la consommation d'électricité a augmenté de 20%, essentiellement couverte par un accroissement des importations.

Les opportunités dans le secteur de l'énergie hydroélectrique sont :

  1. le besoin d'investissement pour le projet Rusizi III, d'une capacité de 143 MW, ainsi que Rusizi IV, de 205 MW ;
  2. le besoin d'investissement pour la production d'énergie hydroélectrique sur le site de Mumwendo (Ruvubu), de 80MW ;
  3. le besoin d'investissement pour pour la production d'énergie hydroélectrique sur les sites Jiji, Murembwe et Siguvyaye, avec une capacité attendue de 100 MW ;
  4. la disponibilité de nombreux autres sites de production d'énergie hydroélectrique.
Il existe par ailleurs de bonnes potentialités en matière d'énergie éolienne et solaire, ainsi qu'un potentiel inexploité de 18 MW de production électrique géo-thermale.

Mines

Les ressources minières du pays sont variées : nickel, phosphates, carbonates, vanadium, calcaire, tourbe. Celles-ci sont essentiellement exploitées de façon artisanale et informelle, les exploitations modernes étant inexistantes. Cette situation est en partie due au manque d'infrastructures, notamment énergétiques, absentes ou détruites au cours de la guerre civile. La crise financière internationale a également eu un impact négatif sur la production minière, qui a fortement diminué en 2009 et 2010 après avoir atteint un pic en 2008.

La structuration et la modernisation du secteur peuvent offrir d'importantes possibilités d'exportation en remplacement des activités artisanales. Une importante valeur ajoutée peut notamment être attendue de l'extraction industrielle du nickel grâce à son cours élevé sur les marchés internationaux. Pour accompagner les investissements dans ce domaine, le gouvernement a mis en place différents dispositifs incitatifs (éxonérations d'impôts) et a révisé le cadre législatif offert par le Code minier. Un nouveau Code minier est par ailleurs à l'étude.

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Documents utiles Code minier et pétrolier

Industrie manufacturière

Les capacités industrielles du Burundi ont été fortement affectées par les nombreuses fermetures qui ont eu lieu durant la période de conflit. Cette situation offre aujourd'hui des possibilités intéressantes de développement de l'initiative privée dans la mesure où le secteur industriel national est encore relativement vierge. Par ailleurs, malgré la présence toujours forte de l'Etat dans le secteur industriel, le gouvernement poursuit un programme de désengagement progressif des industries publiques, dont les opérateurs privés pourront tirer profit.

Parmi les possibilités de développement industriel figurent par exemple :

  • la transformation, le conditionnement, et la commercialisation des produits agricoles (voir plus haut) ;
  • l'industrie du textile (production de coton) et la fabrication de chaussures ;
  • le développement de cimenteries, notamment grâce aux matières premières disponibles au nord-est du pays ;
  • le secteur de la construction, fortement sollicité par le reconstruction et le développement du pays ;
  • la production d'engrais (production de phosphates au nord du pays) et d'autres produits chimiques ;
  • l'industrie pharmaceutique, dont la production de médicaments génériques locale est limitée.

Hôtellerie et Tourisme

A la suite de la guerre civile, le secteur du tourisme a connu un net recul à la fois en termes de demande et d’offre. La demande a réellement commencé à augmenter à partir de 2004 grâce à l’amélioration des conditions sécuritaires, et a été suivie par un accroissement des projets touristiques (notamment hoteliers). Le nombre d’arrivées de voyageurs internationaux a ainsi progressivement crû. De  27.000 en 1996, il est ensuite passé de 85 000 en 2003 à 198 000 en 2007. Ces chiffres demeurent toutefois très faibles par rapport à ceux de pays voisins.

En matière de tourisme de loisir, le bord de lac offre d'importantes possibilités d'aménagement touristique, un nombre encore limité (mais croissant) d'établissements se partageant ce secteur. Cela concerne non seulement l'hôtellerie, mais également le tourisme de plage et les sports nautiques. Les infrastructures d'hébergement et de loisir au niveau des parcs nationaux restent également à construire. Avec l'amélioration de la situation sécuritaire dans le pays, l'écotourisme et le tourisme d'aventure offre des possibilités de développement en dehors de Bujumbura. Les offres touristiques de loisir peuvent par ailleurs être intégrées dans des circuits de tourisme régional, permettant par exemple de découvrir les paysages de lacs et de collines qui caractérisent la région.

Le secteur de l’hôtellerie au Burundi est actuellement en plein essor. De nombreux hôtels sont en construction, principalement à Bujumbura. Cette évolution s'accompagne également d'une amélioration de la qualité, avec l'apparition de quelques hôtels de haut standing. Malgré cela, la capacité hôtelière demeure très faible et concentrée dans la capitale : elle comprend 68 hôtels (début 2013), en attente de classification selon les normes de l'EAC.

Enfin, malgré le positionnement régional central du pays, les infrastructures d’accueil de congrès et de conférences internationales sont encore inexistantes et restent à développer.

L'Hôtel Club du Lac Tanganyika

L'Hôtel du Club du Lac Tanganyika, situé au bord du lac un peu en retrait du centre de Bujumbura, a été acquis par Alfredo Frojo en 1993, peu avant la crise. C'est en 2001, au sortir de la guerre et alors que la situation sécuritaire restait précaire, que cet investisseur et architecte italien a décidé d'engager de larges travaux de reconstruction de l'établissement, que les événements avaient en grande partie réduit à l'état de ruines.

Finalement ouvert en 2006 avec 20 chambres et un personnel essentiellement constitué de travailleurs non-qualifiés et d'ex-combattants reconvertis et formés sur le tas, l'hôtel s'est progressivement agrandi et développé, jusqu'à devenir l'un des hôtels de Bujumbura les plus réputés. Il emploie, en 2013, 220 employés et dispose de 82 chambres ainsi que de nombreuses installations annexes.

Le propriétaire continue d'investir pour développer l'établissement en construisant de nouvelles chambres et des appartements pour la clientèle de longue durée. Le nombre de chambres devrait atteindre 110 courant 2013.

TIC

Le secteur des technologies de l'information est un secteur peu exploité malgré les nombreuses potentialités. Presque tous les produits finis sont importés. Il n'existe également pas de centres d'appel. L’expansion du secteur à plus grande échelle rencontre un certain nombre d’obstacles comme le coût élevé des services, la faible couverture géographique de la téléphonie mobile, l’insuffisance des infrastructures et des équipements et la faiblesse de l’expertise nationale. Une politique nationale de développement des technologies de l’information et des télécommunications a été adoptée en 2007 et révisée en 2011 pour compenser ces lacunes, mais n'est pas encore effective.

Par ailleurs, le secteur a été entièrement libéralisé dans le but de favoriser son développement. Enfin, l'installation de la fibre optique devrait offrir de nombreuses opportunités dans le secteur, par exemple au niveau de l'externalisation des processus d'affaires, le développement de centres d'appel pour les entreprises de la région, ou le développement de services en ligne.


U-Com Burundi

La société U-Com Burundi, opérateur téléphonique burundais exploitant la marque Leo, a été acquise en 2007 par le groupe égyptien Orascom Telecom Holdings. Créée en 1993 sous la dénomination Telecel-Burundi par l'entrepreneur rwando-congolais Miko Rwayitare, alors déjà propriétaire d'opérateurs téléphoniques dans de nombreux pays d'Afrique, la société était originellement codétenue par l'opérateur historique public Onatel avant la libéralisation du secteur à partir de 1997.

Depuis son acquisition en 2008 par Telecel Globe, filiale d'Orascom Telecom, U-Com Burundi a connu un développement très rapide grâce aux importants investissements réalisés par le nouveau propriétaire. Avec un rythme d'investissement de plus de 20 millions de dollars par an, l'opérateur est passé d'environ 250 000 abonnés en 2008 à 1,5 millions en 2013. Il détient aujourd'hui plus de la moitié du marché mobile national malgré la présence de quatre réseaux concurrents.

Pour autant, l'entreprise affirme ne pas prévoir de relâcher ses efforts d'investissement dans le pays : avec les trois quarts de la population burundaise n'ayant pas encore accès à la téléphonie mobile, l'entreprise est confiante dans ses perspectives de croissance.

Ce qu'en pensent les investisseurs

Les opérateurs privés soulignent l'important potentiel d'investissement qu'offre un pays en reconstruction dans la plupart des secteurs. Ils soulignent également que lorsqu'un produit à prix abordable est mis sur le marché, la population burundaise est encline à consommer malgré le revenu par tête limité. Les créneaux considérés comme porteurs sont notamment l'offre de formations techniques (et hôtelière), la production d'énergie hydraulique et solaire, ou encore les possibilités de développement touristique qu'offrent le lac ou les circuits régionaux de découverte.

Pourquoi investir au Burundi ?

  • Nombreuses opportunités d'investissement favorisées par le processus de reconstruction du pays

  • Coût de la main d'œuvre très compétitif y compris régionalement.

  •  Accès privilégié aux marchés régionaux par son appartenance à l'union douanière de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) et à la zone de libre-échange du COMESA

  • Climat des affaires en rapide amélioration (cinquième meilleur réformateur mondial selon Doing Business 2013) 

  • Code des investissements incitatif et protecteur pour les investisseurs

  •  Possibilité de créer sa société en quelque heures grâce au guichet unique de l'API

  • Stabilité politique rétablie depuis 2005


Données clés sur le pays

Nom officiel République du Burundi
Superficie 27 834 km2
Capitale Bujumbura
Population 8 800 000 (2008)
Subdivisions administratives 17 provinces
Monnaie locale Franc Burundais (BIF)
Taux de change 1 USD = 1 559,99 BIF
Langues officielles Kirundi, Français
Autres langues nationales Swahili
PIB par habitant 271 USD (Banque mondiale, USD courants, 2011)

Carte du Burundi

Section de cartographie des Nations Unies